Chronique : De la poussière à la chair, Ray Bradbury

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Gallimard.Folio SF
224 pages
Prix éditeur: 7€

J’ai avant tout acheté ce livre pour l’auteur: j’aime beaucoup Ray Bradbury; j’avais lu avec beaucoup de plaisir le mythique Fahrenheit 451, ainsi que plusieurs de ses nouvelles, genre dans lequel il excelle, selon moi. C’est donc avec confiance que je me suis lancée dans son roman De la poussière et la chair et… j’ai été déçue. A plusieurs égards. Tout d’abord, je dois préciser que le livre se lit vite et bien, car, lectrice lente que je suis, j’ai réussi à le finir en une demie journée.

Le livre nous présente donc une étrange famille de morts vivants en tous genres, un peu du style de la famille Adams, tous réunis par un lieu commun: le Manoir. Parmi les grandes figures, on trouve la belle Cecy, qui s’échappe par le sommeil et réussit à entrer dans l’esprit de n’importe quel être vivant; la Trisaïeul, momie qui prend la poussière dans les combles du Manoir, ou encore le bon vieil oncle Einar, qui a la caractéristique… d’avoir des ailes. Un seul membre de la famille fait exception: le petit Timothy, être humain et tout à fait vivant, abandonné devant le Manoir à sa naissance, dix ans auparavant, et recueilli par cette étrange famille nombreuse. Et puis après… on ne sait pas trop. Le livre est une succession de moments de vie de différents personnages, assez intéressants quand on les prend individuellement, mais qui n’ont finalement pas vraiment de cohérence entre eux. Tout au long du livre, on peine à voir où l’auteur veut nous emmener; et à la fin, et bien… on n’a pas l’impression d’avoir été emmené très loin.

L’écriture, quant à elle, est très poétique, très fine. Certains moments (notamment ceux qui concernent Cecy, véritable poésie à elle toute seule) sont magnifiques juste par la beauté et la justesse des mots utilisés, pleins d’images. Attention toutefois à ne pas aller trop loin: les métaphores s’enchainent parfois jusqu’à rendre le texte presque hermétique et un peu long. Par ailleurs, les idées abordées, comme celles du Temps, de la Mort et de la Vie, sont traités d’une manière intéressante dans des monologues très philosophiques. Néanmoins, toute cette poésie et cette philosophie auraient dû, selon moi, être plus ancrées dans une histoire qui tient la route, et qui a une véritable évolution. Mon hypothèse est que ce petit bémol est dû au fait que le roman ait été composé de plusieurs nouvelles de l’auteur, comme le précise l’éditeur au début du livre.

Quant à l’aspect engagé que nous décrit l’éditeur, et bien… je ne l’ai pas trouvé si présent que ça. Bien sûr, les thèmes de la différence et de son rejet est bel et bien présents, avec cette famille aux membres plus bizarres les uns que les autres, qui côtoient à plusieurs reprises des êtres humains normaux, le premier étant évidemment Timothy qui cherche sa place dans cette famille. Néanmoins, l’engagement s’arrête là pour moi, et s’il va plus loin, il est trop implicite pour moi.

Bien qu’il ne soit définitivement pas un coup de cœur pour moi, De la poussière à la chair est un livre que je ne déconseille pas non plus, car il est très intéressant du point de vue du style et de l’écriture, poétique et onirique.  Néanmoins, il faut davantage lire comme un recueil de nouvelles que comme un véritable roman dont la structure narrative reste assez floue.

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