Chronique : La moustache, Emmanuel Carrère

moustache

Editions Folio Gallimard – 6,40€

L’histoire est simple. Un matin, le personnage principal, qui n’a pas de nom, rase la moustache qu’il portait depuis une dizaine d’années. Mais, à sa grande surprise, personne autour de lui ne le remarque, pas même sa femme Agnès, qui jure qu’il n’en a jamais eue…

Je me suis lancée dans ce livre, attirée par l’aspect fantastique que promettait la quatrième de couverture. Promesse tenue. Vous en dire plus de l’histoire – qui se concentre en vérité sur la réaction de l’homme – serait trop vous dévoiler le livre.

On se laisse facilement emporter par la prose d’Emmanuel Carrère, qui sans être vraiment tendre n’est pas cruelle. Cruelle, c’est l’histoire qui l’est, et j’ai apprécié le fait d’être plus manipulée par l’histoire que par le style de l’auteur.

Je n’imaginais pas éprouver un tel sentiment de malaise en lisant ce roman. Quelques jours plus tard, c’est peu ou prou les mêmes émotions (doute, étouffement, suspicion) que j’ai « subi » en regardant Gone Girl, le très angoissant film de David Fincher, qui n’a rien à voir mais qui utilise un peu les mêmes techniques. L’incertitude des personnages, qui va jusqu’à côtoyer la folie, contamine le lecteur dont la place devient floue et inconfortable.

Cela m’a donné envie de lire d’autres romans d’Emmanuel Carrère, plus consistants, tels que L’Adversaire ou D’autres vies que la mienne.

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