Chronique: The House of Sleep, de Jonathan Coe

En 1984, Ashdown est une résidence étudiante où vont se rencontrer Sarah, Robert, Veronica, Terry, et Grégory, et où ils vont partager des moments forts qui les marqueront toute leur vie. En 1996, Ashdown est devenue une clinique spécialisée dans les troubles du sommeil et va à nouveau réunir nos personnages : docteur, insomniaque, infirmière ou narcoleptique ; les routes de chacun des personnages, séparés depuis pourtant une décennie, semblent toujours être liées.

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 Le thème des troubles du sommeil a beaucoup attiré ma curiosité, dès la lecture de la quatrième de couverture, car c’est un sujet peu connu et peu abordé : comprendre le quotidien d’insomniaques et de narcoleptiques, mais aussi les raisons profondes de ces troubles, qui sont souvent d’origine psychanalytique, voilà qui était original, et qui m’a plu au début du roman. Néanmoins, deux obstacles se sont posés  à la lecture: tout d’abord, on quitte petit à petit le domaine strict des troubles du sommeil, qui apparait alors très secondaire, pour parler de la vite des personnages. Si les personnages et leur histoire sont très intéressants et bien construits, j’aurais aimé qu’on s’éloigne moins du sujet qui m’avait amené à lire le livre. Enfin, toute la partie psychanalytique, psychologique du roman peut mettre le lecteur assez mal à l’aise, car celui-ci doit faire face aux parts plus sombres, plus tabous de l’être humain. En effet, l’auteur aborde des thèmes de l’homosexualité, de la transsexualité, de la folie, du mal-être, qui nous font sortir de notre zone de confort, ce qui peut être à la fois très intéressant mais aussi dérangeant.

L’écriture de l’auteur est quant à elle de qualité : le style est recherché et reproduit bien le cheminement de pensée des personnages.  Le roman a une structure très originale : d’une part, il alterne les chapitres consacrés à la vie étudiante des personnages en 1984, et ceux qui relatent la vie des adultes qu’ils sont devenus dix ans plus tard, et d’une part, il combine les points de vue de chaque personnage. C’est donc une lecture en puzzle qui est proposée au lecteur, qui va petit à petit recoller tous les morceaux entre eux… ou presque.

En effet, les coups de théâtre sont nombreux, notamment vers la fin, ce qui coïncide avec la résolution du puzzle, c’est-à-dire que les liens ente les personnages sont enfin dévoilés : à plusieurs reprises, on a envie de revenir plusieurs chapitres en arrière en se demandant comment on a pu passer à côté de l’évidence, ce qui prouve que l’auteur arrive jouer avec le lecteur. Le roman nous captive de plus en plus, si bien qu’on a du mal à lâcher le dernier tiers, tant on veut connaitre la fin. Malheureusement, j’ai trouvé que le roman n’allait pas toujours au bout des choses ; certaines questions sont laissées en suspens – sans aucun doute une volonté de l’auteur, mais aussi une frustration pour le lecteur – et la fin ne m’a pas réellement satisfaite et m’a parue un peu saugrenue.

Pour résumer, The House of Sleep est un roman original, bien écrit, mais qui ne correspond pas à une lecture « plaisir » ; je ne regrette pas de l’avoir lu car le contenu et la forme sont intéressants, mais je ne prendrai pas nécessairement plaisir à le relire.


FICHE LIVRE

  • Auteur: Jonathan Coe
  • Titre: The House of Sleep
  • Edition: Penguin Books
  • Prix: 13,35€
  • Titre français: La Maison du sommeil
  • Public: Adulte
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